La bohème de Kristiania

C'est là que se rassemble la bohème de Kristiania, avec ses rêves de révolution contre une société, une répartition des rôles entre les sexes et un modèle familial jugés archaïques. Tout ce petit monde s'efforce de respecter neuf commandements, dont le premier est : « Tu écriras ta vie toi-même ». Il s'agit là du point de départ de leur engagement en tant qu'artiste. 

Christian Krohg suit ce commandement et s'évertue à peindre et à écrire jusqu'à la fin de sa vie, en restant fidèle au bon vieux Dagligstuen.

Au vu de son statut d'invité d'honneur n° 1 et d'héritier d'Ibsen, la direction lui offre en 1914 un verre à vin et une carafe de cristal affectés en permanence à sa table habituelle.

Pour ce qui est du neuvième et dernier commandement des Bohèmes, « Tu t'ôteras la vie », les jeunes radicaux des années 1880 comptaient bien l'appliquer à coups de pjolter. Cette boisson tient son nom de P.J. Holter, qui avait séjourné à Londres et en avait ramené du whisky et du soda. Cela donne lieu à des concours, le record étant de 24 verres d'affilée. Il est à noter que le vainqueur a encore eu besoin d'une demi-bouteille de porto pour pouvoir dormir...

Des gens comme Henrik Ibsen, Arne Garborg, Jonas Lie, Knut Hamsun, Gustav Vigeland, Gerhard Munthe, Nils Hansteen, Wildenvey et Roald Amundsen viennent au café. Ainsi que la Bohème personnifiée, Hans Jæger. Et Othilia Lasson Engelhart, « la vraie princesse de la Bohème », à la pointe des « nouvelles femmes ». Krohg et Jæger sont tous deux amoureux de Mlle Oda, qui représente cette nouvelle époque, tout comme les autres « belles jeunes filles audacieuses » qui brisent les tabous en venant dans un café traditionnellement réservé aux hommes, en participant aux débats, en fumant des cigarettes et en buvant du pjolter.

Les peintres Thaulow et Karsten, Werenskiold et Skredsvig, Munch et Krohg fréquentent également le café. Ils finiront tous au musée Nasjonalgalleriet, mais à cette époque, ils sont encore considérés comme de « dangereux agitateurs ». L'un des personnages les plus hauts en couleur est le peintre Karl Dørnberger qui, alors qu'il est emprisonné pour troubles à l'ordre public, bénéficie d'une permission afin de régler une affaire avec sa banque. Mais l'envie de revoir son repaire habituel est trop forte, et la visite est longue et animée. Il fait donc porter un message à la prison : « Vais rentrer tard, laissez la clé sous le paillasson ».

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